Violette est partie. Alcoolisée. Non sans me promettre que nous nous reverrons. Pierre et sa maîtresse aussi. J’ai adoré les voir se faufiler discrètement hors du restaurant alors que je leur adressais un grand signe de la main. C’est mon côté boute-en-train et éminemment sympathique. Et vous savez quoi ? J’ai passé une super soirée. Même si tout ne s’est pas déroulé comme escompté. Et même si l’ambition qui était mienne de dresser une cartographie documentée et exhaustive des plans cul est un échec quasi total. La seule conclusion à laquelle je puisse objectivement parvenir, et que le monde scientifique ne pourra remettre en question, est la suivante : histoire d’amour ou plan cul, même combat. C’est le bordel. Métaphoriquement parlant, vous l’aurez compris. D’ailleurs, j’abandonne l’idée d’analyser toutes les options salaces que le groupe d’amis qui tarde dans le restaurant pourrait m’offrir. C’est déjà un foutoir pas possible à deux, alors à six ? Je jette l’éponge.

Je n’ai donc plus qu’à rentrer chez moi. Seule… Et, je dois quand même vous l’avouer, quelque peu ennuyée. J’ai en effet deux problèmes majeurs et insolubles. Le premier : je ne sais toujours pas qui est parti sans culotte ce soir. Si je ne peux vous affirmer que les paroles que je vous ai retranscrites tout au long de la soirée aient été fidèles à la réalité, j’ai peut-être fait preuve d’une certaine licence créatrice, je suis cependant catégorique : GB32 est bien sorti des toilettes un string à la main. Ce qui signifie obligatoirement qu’une femme l’a retiré lors d’un passage aux toilettes. Ou un homme qui aime les dessous féminins. On n’est plus à une excentricité près, n’est-ce pas ? Je doute pourtant de la plausibilité de cette théorie. Si j’aime à croire qu’un homme peut jouir d’une telle liberté vestimentaire, la vérité triviale mais pour autant indiscutable, relevée par Philippe, est que le bout de tissus léopard était vraiment très petit. Il y aurait donc, morphologie masculine oblige, un problème évident de place. Ou un problème évident de taille…

Autre problème qui est le mien, vous l’aurez certainement anticipé, est que… je n’ai plus de plombier. Et comme je l’ai si bien expliqué à Violette, du moment que je vais me lever pour rentrer chez moi, ça va se compliquer. Sérieusement. Ca va secouer. Se balancer. Remuer. Tressauter. Trifouiller. Je risque d’être quelque peu tendue, quoi ! Certes, je pourrais aller aux toilettes pour les retirer et m’épargner ainsi de devoir combler artificiellement, une fois chez moi, le gouffre abyssal et émoustillé dont Pierre aurait dû s’occuper. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une métaphore. Aucun vide émotionnel à combler. Nada. Seule ici me préoccupe la future absence tangible et endurcie de mon ex PQR. Mais je ne suis pas sûre de vouloir prendre le risque de tomber sur un nouveau string, sur une bague de fiançailles égarée ou encore sur une paire de menottes. J’ai eu mon lot d’anecdotes ubuesques pour ce soir. Je pourrais aussi, éventuellement, proposer à Sacha de me raccompagner mais… Ben pour être honnête, je ne suis pas en mode levrette ce soir. Il y est des envies qui ne se commandent pas, n’est-ce pas ? En outre, si je ne suis pas contre un plan à trois, je n’aime pas passer après une autre. C’est crade. Simultanéité des échanges de fluides : oui ; successivité : non.

Maintenant, moi, j’ai envie de rentrer et de me couler dans la douceur de mes rêves, loin des complications et des imbroglios enfantés par mon cerveau notoirement grivois. Allez… C’est parti ! C’était un plaisir de partager cette soirée avec vous.

Souhaitez-moi bonne chance !

FIN

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