Afin de continuer de vous donner des informations sur la crise vénézuélienne, la raison pour laquelle nous avons déménagé en Colombie, je tenais à partager avec vous les toutes dernières informations divulguées par le HCR. Des chiffres qui expriment l’ampleur de la crise.

Je profiterai également de ce billet pour faire un point sur les conséquences de ce fort afflux de réfugiés en Colombie. Des conséquences qui se ressentent fortement dans la capitale.

4 millions

Le nombre de Vénézuéliens ayant quittés leur pays a atteint le seuil des 4 millions, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés. Un chiffre extrêmement élevé qui place le Venezuela parmi les pays comptant le plus grand nombre de déplacés au monde.

Evolution du flux migratoire

Voilà l’évolution des chiffres, selon le HCR:

  • 2015 : 695’000 réfugiés et migrants quittant le Venezuela;
  • novembre 2018: le nombre de réfugiés et migrants est estimé à 3 millions;
  • mai 2019: le nombre de réfugiés et migrants est estimé à 4 millions, soit une augmentation de 1 million en 7 mois.

Répartition des réfugiés

L’Amérique latine accueille évidemment la majorité des réfugiés.

  • Colombie: 1,3 million
  • Pérou: 768’000
  • Chili: 288’000
  • Equateur: 263’000
  • Brésil: 168’000
  • Argentine: 130’000
  • A ces pays s’ajoutent le Mexique et tous les pays des Caraïbes qui accueillent, eux aussi, de nombreux réfugiés.

Ces chiffres sont extraits du communiqué de presse issu par le HCR et disponible dans son intégralité ici.

Un cas nouveau pour la Colombie

Comme vous pouvez l’imaginer, la Colombie n’est pas particulièrement habituée à accueillir des réfugiés… Histoire tourmentée oblige. La mise en place d’une réponse efficace à cette crise humanitaire est donc complexe. Je peux vous affirmer qu’un travail monumental est effectué ici. Et ce tant de par les employés «locaux» que par les nombreux expats qui sont venus renforcer les rangs du HCR notamment.

Les conséquences sur la population colombienne

Un tel afflux migratoire a forcément des conséquences importantes sur la Colombie. Un pays qui essaye de s’extirper de décennies de guerre civile, de violence et d’insécurité.

Avant toute chose, il me paraît pourtant important de mentionner l’incroyable accueil des Colombiens. Lorsque nous abordons le sujet de la crise migratoire vénézuélienne, ils reconnaissent l’importance de les accueillir, comme un juste retour de faveur.

Conséquences économiques

Une des premières conséquences ressenties par la population est une tension économique découlant d’une baisse des prestations salariales. Le principal secteur touché est évidemment celui des emplois non-qualifiés. Employés de maison, livreurs, réparateurs… Autant de professions qui sont impactées directement par l’arrivée massive sur territoire d’une main d’œuvre prête à accepter des rémunérations minimes.

.Une frange non négligeable de la population colombienne, qui peinait par le passé à obtenir une rémunération lui permettant de faire vivre sa famille, est aujourd’hui confrontée à des difficultés accrues.

Conséquences sécuritaires

Comme vous le savez, la Colombie sort péniblement d’une guerre civile sans fin. C’est à dessein que j’emploie le terme «péniblement». Si un processus de paix avec les FARC a été initié, ce dernier n’est toujours pas finalisé et les différentes parties en présences semblent difficilement réconciliables. En outre, si le groupement des FARC est le groupement paramilitaire majoritaire, de nombreux autres sévissent encore dans différentes zones du pays.

Ajoutez à cela des millions de Vénézuéliens qui ont absolument tout perdu en quittant leur pays… L’insécurité remonte et, comme le titrait l’hebdomadaire «Semana», l’alerte rouge est, malheureusement réenclenchée…

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