La Comuna 13

La Comuna 13

Comme promis dans mon précédent billet sur Medellin, je vous parle aujourd’hui de la Comuna 13. Peut-être le secteur le plus tristement connu de cette ville.

Pourtant, s’il était synonyme de violence, de guerre, de meurtres, de viols, de règlements de compte il y a de cela une dizaine d’années, il est devenu aujourd’hui un exemple de transformation.

La Comuna 13 avant 2002

Laissez-moi vous planter le décor, un décor terrifiant où tout, absolument tout, est réuni pour faire de ce quartier un enfer sur terre. Aussi horrifiante soit la description que je vais vous en faire, elle est malheureusement véridique.

Les protagonistes

Imaginez, après la mort de Pablo Escobar, le retranchement de nombreux gangs et autres cartels de la drogue dans les hauteurs de Medellin.

Imaginez que ce lieu fut également privilégié par les guérillas d’extrême-gauche ainsi que par les paramilitaires d’extrême-droite.

Imaginez que chacun de ces trois clans, évidemment incapables de cohabiter, soient également divisés en leur sein.

Imaginez enfin une population pauvre de deux cent mille habitants, prise en otage, dans l’incapacité totale de fuir, topographie oblige.

Le terrain

Imaginez un secteur agrippé aux flans de la montagne surplombant Medellin, aux accès compliqués.

Impossible d’y pénétrer, voire même simplement de s’en approcher, sans être remarqué par les sentinelles haut-perchées, lourdement armées. Impossible de fuir sans risque de se faire tuer… Personne n’y rentre, personne n’en sort. Ni la police, ni les innocents.

Imaginez des escaliers abruptes, des recoins sombres, des ruelles insalubres.

L’ambiance

Imaginez enfin les jeunes endoctrinés, imaginez les parents pleurant leurs enfants, imaginez les cadavres s’entassant, imaginez les femmes violées publiquement, imaginez les cris de lamentation, les gémissements de la torture, les deals, la drogue, les armes, la violence, les balles perdues, les exécutions… Sans aucune chance d’amélioration.

Bienvenue dans l’enfer sur terre de la Comuna 13!

Trois opérations militaires

Vous vous demandez certainement comment ce secteur torturé a pu devenir un quartier ultra touristique, tourné vers l’avenir. «Grâce» à (ou «à cause de», c’est selon…) différentes opérations militaires. Pourquoi hésiter sur les termes à employer? Car, vous vous en doutez, les opérations militaires colombiennes ne sont pas toujours exemptes d’irrégularités.

L’opération Mariscal

Cette première opération se déroula le 29 mai 2002. Neuf cents hommes de la force publique envahirent la Comuna 13. Résultat: un échec cuisant. La présence sur place de la presse et d’organisations de défense des droits de l’homme, témoins des exactions des militaires sur une population innocente, limita «la casse». L’opération se soldera par la mort de neuf civils (dont quatre enfants), trente-sept blessés et cinquante détentions arbitraires.

L’opération Antocha…

… fut un échec total… No comment!

L’opération Orion

Cette opération se déroula le 16 octobre 2002, date à laquelle quelques trois milles hommes (armée, police, bataillons,…) se lancèrent à l’assaut de la Comuna.

Si cette opération de délogement des différents groupes mentionnés précédemment est une réussite, les pertes civiles sont énormes… bien qu’aujourd’hui encore difficiles à chiffrer, les morts ayant étés sauvagement dissimulés dans des décharges publiques… On ne parlera alors que de «disparitions forcées».

La Comuna 13 aujourd’hui

Quoi qu’il en soit, je ne suis pas ici pour juger les actions passées, ni même pour faire le procès du gouvernement d’alors. Non… Je suis ici pour vous parler d’un secteur que j’ai visité en famille, que j’ai découvert estomaquée, que j’ai aimé. Un secteur coloré, empreint de positivisme et de bonne humeur. Un secteur désenclavé grâce au travail acharné de la maire de Medellin, notamment grâce à un réseau d’escalators qui relie enfin la Comuna 13 au reste de la ville.

Un secteur certes toujours pauvre, mais fier du chemin parcouru.

J’appréhendais…

…non pas une violence résiduelle, mais d’éprouver une sensation de voyeurisme à me balader dans ses rues en écoutant un guide local m’expliquer les atrocités qui y ont été perpétrées. J’avais peur de véhiculer l’image d’une riche venue d’Europe à la recherche d’un exotisme violent. Mais ce que le touriste découvre n’est pas l’exhibition morbide, mais pour autant lucrative, d’un passé sordide. Il y découvre une énergie propre à une population qui se bat pour son coin de Paradis. Il y découvre une histoire placardée sur les murs des barrios, rappelant l’enfer du passé, mais surtout la beauté du présent et l’espoir en l’avenir. Il ne s’agit pas de se lamenter sur les atrocités perpétrées en ces lieux, il n’y a pas si longtemps de ça.

Il s’agit de profiter de cette deuxième chance qui leur est offerte. Et je peux vous assurer que les habitants de la Comuna 13 sont non seulement conscients que leur avenir est dans leurs mains, mais qu’ils travaillent dur pour préserver ce qu’ils ont si durement acquis.

Medellin vs Bogota

Medellin vs Bogota

Ou le choc des mégalopoles colombiennes (Bogota: 8 millions d’habitants, Medellin: 2,5 millions d’habitants).
Gros plan sur deux villes que tout, ou presque, oppose.

Hey, mais il fait chaud!

Premier choc: la température. A Medellin, il fait bon chaud. La température diurne moyenne est de 28° alors que la température nocturne moyenne est de 16°. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’elle est surnommée «Ciudad de la Eterna Primavera» (ville de l’éternel Printemps). Rien à voir avec la météo capricieuse, humide et froide de Bogota!

Hey, mais ils sont sympas!

Ah bah ça aussi, ça fait tout drôle! Des gens sympas, affables, qui se préoccupent du bien-être des touristes! On nous a souri, on nous a parlé, on nous a aidé, on nous a cédé une place assise dans le métro bondé pour que nos enfants puissent respirer autre chose que les fesses des usagers. On ne savait même plus qu’un tel savoir-vivre était possible tant nous sommes maintenant habitués à l’égocentrisme et l’individualisme qui prévalent dans la capitale.

Hey, mais il a un métro?

Alors que Bogota a trouvé bon d’investir dans les énergies fossiles et de construire un réseau de bus qui «pollue sa race», Medellin a investi dans un métro aérien.

Si cette dernière est évidemment polluée, comme toutes les grandes villes de ce monde, rien à voir avec l’atmosphère surchargée en particules de Bogota.

Bien sûr, il convient de comparer ce qui est comparable. Bogota est bien plus grande et bien plus encombrée que sa petite sœur. Mais si seulement, ces bus antédiluviens qui crachent une fumée noire étaient remplacés par des bus électriques… Keep dreaming!

Hey, mais ils ont su se reconstruire?

Je vous parlerai, dans un prochain billet, des barrios dits de la Comuna 13, à Medellin.

Un gigantesque secteur qui a su renaître de ses cendres après des années de guerre civile. Mais ce que je peux vous dire déjà, c’est que c’est un véritable modèle de réinsertion et de transformation. Ce qui était alors un mortel ghetto est devenu «the place to be»!

Et sinon?

Evidemment, tout n’est pas tout rose au pays de Medellin. Pour vous en parler, il me faut tout d’abord vous rappeler l’histoire de cette ville. Une histoire sanglante qui a pour figure de proue el padron, j’ai nommé Pablo Escobar.

Pablo, un business lucratif

Je ne vous mentirai pas, nous ne sommes pas allés sur les traces de Pablo Escobar. Si je demeure curieuse de son histoire, je ne souhaitais pas participer aux visites thématiques sur le sujet, qui s’apparentent, à mon sens, à du voyeurisme morbide. (Nous aurions pu, par exemple, choisir le tour guidé proposé par l’ancien homme de main du chef du cartel. Il nous aurait décrits les 300 meurtres perpétrés par ses soins, il nous aurait avoué avoir participé à environ 3000 autres et coordonné 200 attentats à Medellin…) Mais, à quoi bon ? Savoir que la ville a été à feu et à sang et que des milliers de personnes ont souffert à cause de lui me suffit… Si je puis dire.

Je vais donc me borner ici à vous rappeler quelques points importants.

Plata o plomo

Vingt ans durant, des années 70 aux années 90 environ, la ville de Medellin était aux mains des barrons des cartels de la drogue, dont notamment le fameux cartel de Medellin dirigé par Pablo Escobar.

Ces années furent empreintes de terreurs, de massacres, d’attentats, de règlements de compte ou de meurtres… Medellin était alors considérée, à juste titre, comme l’une des villes les plus dangereuses au monde. (Je vous parlerai dans un prochain billet de la terreur qui succéda au règne d’Escobar et qui dura jusqu’en 2002).

Pablo Escobar, qui fut tué en 1993 après une longue traque, compte officiellement à son actif les meurtres de 600 policiers, 3 candidats à la présidence de la République, 3 ministres ou anciens ministres, 200 juges, des dizaines de journalistes, plusieurs centaines (pour ne pas dire milliers) d’innocents. Ces chiffres sont évidemment contestables, selon les dires même de son homme de main.

Et aujourd’hui?

Les autorités de Medellin ont réalisé un véritable exploit: transformer une ville redoutée en un lieu prisé. Pour autant, il ne faut pas totalement se voiler la face. L’héritage poudré de Pablo Escobar existe toujours et il est des quartiers qu’il vaut mieux éviter. Certains barrios sont aujourd’hui encore «craignos» et il ne fait pas bon s’y perdre.

A voir, à faire à Medellin

La ville de Medellin regorge d’activités, que j’énumérerai rapidement ici:

  • visite de la Comuna 13
  • tour en télécabine
  • visite et fête dans le Poblado, quartier branché de la ville
  • visite du parque Explora (un must avec des enfants)
  • visite de la place de Botero

On adore ses statues…. Allez savoir pourquoi, j’ai un faible pour celle-ci…

Je vous dis donc à très vite pour un billet consacré à la Comuna 13! Mais vous préviens déjà que ce ne sera pas très rigolo…
L’Eldorado

L’Eldorado

Tout le monde le cherche! Nous l’avons trouvé… L’Eldorado! Laissez-moi vous raconter cette histoire mythique qui prend son origine dans la campagne bogotanaise.

A la recherche de l’Eldorado

De tous temps, les conquistadors se sont bercés dans l’illusion qu’existait, quelque part en Amérique latine, une cité baignée de richesses. Cette quête vaine a dicté les actes de nombreux Européens fraîchement débarqués sur les terres du Nouveau Monde.

L’homme doré

Si cette légende est un mythe et que, évidement, pareille cité opulente n’a jamais existé, elle puise ses racines dans la mythologie muisca (Les Muiscas étant un peuple vivant dans la région de Bogota entre 1000 et environ 1500).

Au début du 16e siècle, lorsque les explorateurs espagnols ont posé le pied en Amérique du Sud, le récit d’une tribu indigène située dans les hauteurs des Andes, proche de l’actuelle Bogota, leur a été conté. Lors de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau chef de tribu, une cérémonie au lac Guatavita inaugure son règne. Si les récits de cette cérémonie diffèrent, tous décrivent le nouveau dirigeant recouvert de poudre d’or («el dorado», littéralement «le doré») et indiquent que de l’or et des bijoux précieux étaient jetés dans le lac en vue d’apaiser un dieu se trouvant dans les profondeurs.

Trouver l’or…

A tous prix !!! La quantité d’or dont disposaient les peuples de la région, ainsi que le rituel décrit ci-dessus motiva les explorateurs à chercher frénétiquement le trésor englouti au fond du lac Guatavita. Un lac encerclé de montagnes. Les expéditions se succédèrent et les idées farfelues avec elles! En 1545, les Espagnols décidèrent de vider le lac en cassant une partie de la montage.

L’eau se déversa ainsi, abaissant son niveau. La profonde entaille infligée à la montagne est aujourd’hui encore visible…

Un évier

Si cette tentative fut un échec partiel (ils découvrirent quelques pièces d’or malgré tout), la tentative la plus ahurissante et, de loin, la plus pathétique, date de 1910, date à laquelle une compagnie britannique creusa un tunnel sous le lac jusqu’en son centre, pour le vider tel un évier. Le sol étant trop boueux, la tentative fut un échec cuisant.

Laguna Guatavita

Je vous ai dit, en début de ce billet, que nous avions trouvé l’Eldorado. Ou du moins, un Eldorado: une balade dans la pureté des terres muiscas, baigné d’une nature exubérante et souveraine, loin de l’agitation et de la pollution de la capitale. En route pour la Laguna Guatavita!

Un Paradis sur terre que je vous conseille de visiter si vous venez à Bogota !

Visite guidée obligatoire

Certes, l’authenticité de la balade est quelque peu entachée par la visite guidée imposée à tous les visiteurs. En troupeau, vous suivez le guide qui vous mène en haut de la montagne. Pourtant, rien ne vous empêche de trainer les pieds pour vous retrouver seuls, en fin de groupe et de jouir ainsi, d’une nature exclusive.

En outre, les guides, passionnés, partageront avec vous la philosophie de vie muisca. Une philosophie profondément positive, bienveillante et en accord avec mère Nature. Nous pourrions en prendre de la graine…

Pour les familles, sachez que cette balade est à portée des petits enfants! Jack, notre minus de trois ans, a monté les 160 marches (environ) et a serpenté le long du chemin qui mène de l’entrée du site à la Laguna Gutavita!

Cher Anastase de Saint-Senestre

Cher Anastase de Saint-Senestre

Je fais suite au si inspirant commentaire que vous m’aviez laissé il y a de cela quelques mois.

Veuillez excuser mon long silence. Je souhaitais, avant de vous écrire, vivre un 1er août, ici, à Bogota! Malédiction, je ne pourrai ni infirmer, ni affirmer que les saucisses, proposées dans le cadre de ces festivités helvétiques, sont payantes. Je ne pourrai même pas vous conforter dans votre certitude qu’il y a bel et bien des saucisses à déguster à cette occasion, pour la simple et pourtant irréfragable raison que je ne me suis pas rendue à l’ambassade Suisse en cette date. Je vous présente donc mes plus plates excuses, cher Anastase.

Quel manque de dévotion à mon blog. Et quel manque de patriotisme, n’est-ce pas? D’autant plus que j’aurais été dans mon élément, entourée de femmes expatriées désœuvrées (comme moi), et donc éminemment ennuyantes (toujours comme moi). Nous aurions pu échanger sur les magasins Carulla, sur nos profs de Batchata et, bien évidemment, critiquer nos empleadas. Mais que n’ai-je forcé le destin pour vivre pareil moment, sans conteste point d’orgue de mon insignifiante et si banale expérience ici? Je crois que je vous dois à nouveau des excuses. Je ne suis, de toute évidence, pas à la hauteur de vos attentes.

Mais je ne doute pas que vous n’en voudrez pas à, je vous site, «une petite bourge qui vit au-dessus de ses moyens dans un pays du Tiers-Monde», n’est-ce pas? Ce d’autant plus que, le sort s’acharnant définitivement contre moi, je ne voyage pas avec une malle cabine ni même me fais transporter sur une chaise. Enfer et damnation! J’utilise de vieilles converses dont les taches se font le reflet d’une existance de va-nu-pieds!

Bien que je me doive ici de vous avouer que certaines d’entre elles sont le résultat d’une vie dépravée et par endroit alcoolisée. L’expatriation n’est plus ce qu’elle était, mon bon Monsieur. Tout se perd! Heureusement que les Per Diem me permettent de retrouver un semblant de dignité…

A cet égard, vous rendez-vous compte que je n’ai toujours pas visité Cartagena? Quel manque d’ambition de ma part. Mais je vous promets que, d’ici à la fin de mon séjour colombien, je ne manquerai pas de m’y rendre. Et je penserai fort, fort, fort à vous, mon cher Anast’.

Finalement, je me dois de terminer cette missive sur une note déconcertante. Attention, mon ami, je crains de vous choquer! Mais je sais que vous trouverez, en vous, la force de surmonter pareille annonce. Aussi surréaliste et hors norme soit-elle. Cher Anastase… Je n’ai pas de «mamita»! Vous rendez-vous compte? J’ai pris la courageuse mais non moins hallucinante décision d’élever mes enfants, moi-même. Quelle idée saugrenue, n’est-ce pas? Je n’ai donc pas engagé la femme du chauffeur de l’ambassadeur de Bulgarie, et ce bien qu’«elle adore les enfants et je lui fait confiance». (Oh là là, Anastase, serait-ce une faute de grammaire que je vois là dans votre commentaire? S’il est de notoriété publique que je suis une incurable pive en orthographe et en grammaire, je ne m’attendais pas à pareille maladresse de votre part. Me serais-je alors trompée sur vous? Non… Impossible! Bien que si je paraphrase votre commentaire, il ne fait pas bon se fier à la platitude intellectuelle de l’appendice marital d’un valeureux travailleur expatrié. Allez donc savoir si je ne me suis pas totalement fourvoyée sur vous, finalement?)

Voilà, mon cher Anastase, c’est par ces considérations orthographiques, voire dysorthographiques, que je termine mon courrier.

Un gros poutou, mon cher Anast’ et au plaisir de vous lire. Car oui, figurez-vous que j’ai eu beaucoup de plaisir à vous lire! On peut pécher par platitude mais pour autant avoir de l’humour.

Conduire à Bogota

Conduire à Bogota

Vous êtes beaucoup à me demander comment je m’en sors, sur les routes colombiennes. Alors j’ai décidé de consacrer un petit billet à la conduite colombienne. Attachez vos ceintures et en voiture Simone!

A chaque ville sa conduite

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il y a presque autant de modes de conduite que de villes. On ne conduit pas à Genève, comme on conduit à Paris, à Dakar ou à Bogota. Et contre toute attente, la conduite à Bogota est relativement facile.

Bouchons

Pourquoi? Parce qu’à Bogota, on roule au pas! Littéralement! En d’autres termes, la vitesse moyenne d’un véhicule n’excède pas un kilomètre en dix minutes. Soit six kilomètres heure. C’est pas franchement du très rapide, vous en conviendrez.

Selon une étude parue l’année dernière et menée par “INRIX 2018 Global Traffic Scorecard”, et relayée par Uniminuti Radio, Bogota occupe la troisième place des villes les plus embouteillées! Dans ces conditions, il est difficile de faire un accident. Pour autant, il y a quelques règles à respecter.

Les règles tu oublieras

La première règle à respecter est de ne pas en respecter trop. On dépasse à gauche, on dépasse à droite, on coupe la route, on écrase les piétons et on fauche les cyclistes. En toute décontraction et si possible sans mettre de clignotant. Ah, oui, et on s’arrête où bon nous semble. Et tant pis si ça occasionne de nouveaux bouchons…

En ton GPS tu auras foi

90% des routes de la capitale colombienne sont en sens unique. 50% ne peuvent être coupées qu’à des endroits bien particulier.

Voilà un exemple d’itinéraire me permettant de me rendre de l’école de ma fille à mon domicile… Pas vraiment logique, n’est-ce pas? Il est donc primordial d’avoir un GPS qui vous guide dans vos périples citadins.

Insulter tu t’abstiendras

Personnellement, je vous déconseille fortement de regarder un Colombien dans les yeux et de lui balancer un «puta madre, hijo de puta, coma mi mierda, mal parido». Et ce même s’il vient de vous faire une queue de poisson… Après… Libre à vous de vous retrouver avec un couteau dans les pneus. Ou ailleurs.

Et en dehors de Bogota?

La conduite en dehors de la capitale est beaucoup plus sportive. Caravanes de camions indisciplinés aux conducteurs fatigués, objets non identifiés au milieu de la chaussée, fous du volent: sortir de la capitale en voiture peut s’avérer périlleux.

Rien à voir avec nos gentilles autoroutes suisses, croyez-moi. Il faut ouvrir l’œil, être concentré et prier (même si vous n’êtes pas croyant. Il vaut mieux mettre toutes les chances de votre côté).

Bogota vs Dakar

Conduire à Dakar ou à Bogota est une expérience en soi. Que je trouve finalement assez amusante. Avec, je dois l’avouer, une petite préférence pour la conduite à Dakar. Je crois que je n’ai jamais été aussi indisciplinée de ma vie, tout en me fondant parfaitement dans le paysage. Vous ne me croyez pas? Jetez un œil au petit film que j’ai réalisé à l’époque.

Le service à la clientèle colombien

Le service à la clientèle colombien

De tous les voyages, de toutes mes expatriations, de toutes mes expériences, de tous les services à la clientèle qui existent autour de cette planète, le colombien est, selon le moi, l’un des pires. Mais avant de vous donner quelques exemples concrets qui accréditeront ma thèse, laissez-moi vous rappeler une des raisons qui rend cet état de fait insupportable.

Les Colombiens et les procédures

Quel que soit l’achat que vous effectuez, la démarche administrative dans laquelle vous vous lancez ou même le plus petit abonnement de téléphone auquel vous souhaitez souscrire, vous serez confrontés aux trámites colombianos. Entendez par là un nombre incalculable de procédures aussi farfelues qu’inutiles, que même les Colombiens ne comprennent pas, mais auxquels pourtant ils sont farouchement attachés. Au point de vous faire chier (pardonnez l’expression) pour une petite rature sur un document de trois pages, rempli à la main…

Après avoir donc suivi un véritable chemin de croix, qui peut durer des mois (véridique), vous vous attendez forcément à ce que le service à la clientèle tienne la route.

Que neni!

Le bonheur intense que l’expatrié ressent lorsque, finalement, les différentes procédures sont derrières lui, ne sera que de courte durée. Car rapidement, il sera confronté au service à la clientèle colombien. Un service qui devrait se nommer le «service foutage de gueule colombien».

Marchandise défectueuse

Farouches défenseurs de la nature, il nous était insupportable de jeter nos épluchures à la poubelle. Nous avons donc opté pour un lombricomposteur qui nous a été livré par la poste. Impossible d’en trouver sur place, vous vous en doutez. Des semaines et des semaines après l’avoir commandé, je l’ai donc reçu. En pièces détachées à monter soi-même. Pas de problème! Sauf qu’il manquait des pièces… Evidemment.

J’ai donc contacté le service après-vente du site sur lequel j’ai commandé (Mercadolibre) pour les informer du problème. Photos à l’appui. On me répond gentiment que les pièces manquantes vont arriver. J’attends. Longtemps. Très longtemps. Puis les recontacte. Sans succès. J’essaie, encore et encore. Mais plus de réponse. Silence radio. Jusqu’au jour où je constate que mon compte a été fermé pour, je site, opérations fallacieuses. Au lieu donc de résoudre le problème, ils virent les clients! Pratique…

Vols dans les hôtels

C’est la première fois de ma vie également que je me fais voler des affaires dans un hôtel. Et pourtant, des hôtels, j’en ai visité… Je profite d’ailleurs de ce billet pour vous déconseiller l’établissement Santa Viviana, à Villa de Leyva (il n’y a pas de petites vengeances, n’est-ce pas?). Nous avons informé la réception des vols dont nous avons été victimes. Le premier jour, des écouteurs ont disparu. Le deuxième jour, c’est le chargeur desdits écouteurs qui nous a été subtilisé (le voleur avait de la suite dans les idées).

– Que pena con usted. On va prévenir la police. On est désolé. Ca n’arrive jamais chez nous. On va investiguer et vous revenir. Et on vous remboursera.

On attendu, attendu, ils ne sont jamais revenus! J’ai envoyé des messages, j’ai essayé de les contacter, insistante.

Jusqu’au jour fabuleux où j’ai reçu la réponse que vous venez de lire: en fait, chez nous, il n’y a pas de vol. Désolé. Au revoir.

Attendre, attendre, attendre

Je pourrais vous donner de nombreux autres exemples. Mais je pense que vous avez compris… Je me limiterai ici à conclure qu’en sus du flagrant «foutage de gueule monumental», patience est mère de toutes les vertus.

Attendre devant une porte fermée qu’un magasin ouvre (en retard évidemment), attendre son tour à un guichet, faire la queue, attendre la carte dans un restaurant, attendre sa commende (alors que j’écris ces lignes, j’attends depuis 25 minutes mon cafe late frio… Alors que le café est presque vide…) Et prendre sur soi! Car si le service à la clientèle colombien est la plus grosse arnaque dont j’ai été témoin, sachez qu’il est inutile de s’énerver! Les vendeurs et autres serveurs n’en ont absolument rien à faire que vous ne soyez pas satisfaits. Ici, un client fâché est un client normal…

PS.

Vous vous demandez peut-être ce que j’ai fait de mon lombricoposteur. Et bien je l’ai gardé, je l’ai monté du mieux que je pouvais et j’éponge régulièrement le liquide qui s’écoule sur le sol (alors qu’il devrait s’écouler dans un petit réservoir)… ll faut savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur!