Le système scolaire colombien

Le système scolaire colombien

Mon Dieu que je regrette notre petite école de quartier genevoise… Une taille microscopiquement humaine, des camardes de classe adorables et des maîtresses dont ma fille me parle encore, des mois après notre départ de la Suisse, tant elle les a aimées. Gros plan sur le système scolaire colombien: entre enfer et paradis.

L’enfer des pauvres

Tout d’abord, le système scolaire colombien est un système ultra clivé, à l’image de cette société sud-américaine d’ailleurs. D’un côté, vous avez les plus démunis qui scolarisent leurs enfants dans un système public de mauvaise qualité (bien que ce dernier soit en constante amélioration). Nombre d’élèves extrêmement élevés et enseignement médiocre.

Le paradis des riches

De l’autre côté du spectre, se trouvent évidemment les riches qui ont la chance de pouvoir scolariser leurs enfants dans des écoles privées, aux coûts totalement prohibitifs mais à l’enseignement de qualité.

Ecole privée ce sera

Bien évidemment, nous avons opté pour la sécurité (tant physique que d’apprentissage) pour nos enfants et les avons inscrits dans des établissements privés.

Enceintes sécurisées, enseignement bilingue et personnalisé, professeurs diplômés et triés sur le volet. Nos enfants ont la chance de bénéficier de conditions d’apprentissage agréables et optimales. Oui, mais…

L’enfant roi

Dans de telles circonstances, et au-delà des considérations sociétales qui viennent accréditer mes réflexions, il est normal que les parents s’attendent à un traitement totalement irréprochable de leurs enfants. En d’autres termes, ils sont dorlotés, pouponnés, maternés et assistés. Alors même que nous avons toujours essayé, Cedric et moi, d’autonomiser nos enfants afin qu’ils puissent participer aux tâches ménagères et faire partie d’un tout familiale cohérent…

Nous nous sentons donc en total décalage avec cette mentalité propre à notre pays d’accueil. Chez nous, qu’on ait 3 ans ou 6 ans, on se débrouille pour être autonomes tout en sachant que de l’aide est disponible en cas de besoin. Si nous sommes conquis par l’enseignement, en tant que tel, dispensé à nos enfants, nous sommes plus circonspects quant aux habitudes comportementales qui découlent de ces traitements.

Les mères à dispo

Ce qui est absolument exceptionnel, dans ces dites écoles privées, c’est que la structure enseignante part du principe que la famille étant riche, la maman, le chauffeur ou la nany sont disponibles à plein temps.

Il est donc attendu de ces derniers une présence accrue et une disponibilité totale. Changements d’horaire à la dernière minute, activités ludiques à organiser ou encore congés impromptus pour que, je cite, «les professeurs puissent manger un midi ensemble» (oui, oui, c’est véridique, alors que l’école coûte un saladier, ils renvoient les mômes à la maison pour se faire une petite bouffe entre collègues!)

Ce jour-là, autant vous dire que je suis tombée des nues et que j’ai, longuement, blasphémé. Mais toute seule… Parce qu’en réalité, les écoles ont raison! 99% des familles fréquentant ces établissements ont des employés disponibles H24 qui sont totalement étrangers aux préoccupations des familles peut-être moins aisées.

Inadaptée

Et c’est là que je me suis rendue compte que je ne m’intègre peut-être pas aussi bien que je voudrais le croire dans cette société ultra-clivée. En d’autres termes: je suis totalement inadaptée! Bah ouais, m’sieurs dames, on a pas de chauffeur à plein temps, on a pas d’employés à demeure, on a pas de jardinier pour s’occuper de notre balcon. Et en fait, on a même pas de balcon…

Chaque fois donc que je dois aller à l’école de mon fils ou de ma fille pour réaliser un pu*** de bricolage en groupe, une pièce de théâtre didactique ou encore pour permettre aux profs de se faire un petit gueuleton, je perds les quelques précieuses heures que j’ai pour travailler sur mes livres. Et si j’écris plutôt bien, croyez-moi quand je vous dis que je suis une manche en bricolage!

Assumer!

Alors voilà, il m’aura fallu quelques 4 mois pour comprendre que je suis vraiment très différente des autres parents. Ceci n’étant pas un jugement de valeur, mais une constatation. Les autres parents étant, pour la majorité, fort sympathiques.

J’ai donc décidé de me faire porter pâle pour une (bonne) partie des animations qui incombent aux parents. En faire une ou deux? Ok. Passer de temps à autre à l’école? OK. Attendre de moi qui j’y sois toutes les semaines. Niet! Et tant pis si les maîtresses me regardent d’un air désapprobateur et si je passe pour une mauvaise mère!

Allez, je vous laisse, j’ai une fondue au chocolat pour 15 élèves à préparer.

Auto édition: mode d’emploi

Auto édition: mode d’emploi

Aujourd’hui, ce n’est pas la maman globe-trotteuse romancière qui vous écrit. Mais l’entrepreneur. Oui, vous avez bien lu. Je mène ma petite barque de romancière toute seule, la gérant comme une petite entreprise. De l’écriture au projet fini.

Ayant reçu un nombre important de messages me demandant d’expliciter ma démarche, je me propose aujourd’hui de vous détailler les différentes étapes nécessaires à la réussite de votre projet d’auto édition.

Retour sur mon parcours

Avant cela, il me paraît important de vous raconter un petit peu comment j’en suis arrivée là! Et pour cela, il me faut remonter à l’âge où je fréquentais la Sorbonne, à Paris. Ca fait…. un certain nombre d’années.

Vous avez dit évolution ?

A cette époque, j’avais décidé d’écrire une nouvelle, intitulée Vous avez dit évolution? Mon unique motivation était le plaisir d’écrire.

Pourtant, alors que je la relisais pour la dernière fois, je me suis dit: ce n’est pas si mal finalement. Je devrais chercher un éditeur! Et j’en ai trouvé un à Paris, qui a accepté de me publier.

Journal d’une Parisienne

Voilà le titre de mon deuxième roman. Ecris lui aussi alors que je vivais à Paris et édité par une maison d’édition lyonnaise.

Une Toubab à Dakar

Ceci n’est pas le titre d’un livre, mais le titre du blog que j’ai tenu alors que je vivais à Dakar. Une expérience fantastique qui étincellera encore longtemps dans ma mémoire. #nostalgie!

Ce n’est pas à proprement parler de l’édition donc, mais l’expérience que j’en ai tiré et le plaisir ressenti à partager presque quotidiennement mes aventures ont déterminé la suite de ma carrière d’écrivain. C’est à cette époque également que j’ai écrit Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en Lila.

Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en Lila

Nous y voilà! Début de l’aventure de l’auto édition! Ravie de l’expérience vécue dans le cadre de mon activité de blogueuse, j’ai décidé de publier ce roman sur Internet, à la manière d’un roman-feuilleton. Chaque semaine, je publiais trois chapitres. Et la magie a fonctionné au-delà de mes attentes… Si j’espérais atteindre entre 300 et 500 lecteurs, rapidement, plus de 1000 lecteurs ont suivi les aventures de Lila, personnage genevois.

La demande pour un livre a alors été très grande. Demande à laquelle j’ai souhaité accéder. Mis en page par mon mari, relu par mes amis, imprimé par un imprimeur professionnel et distribué par mes soins, le livre s’est vendu comme des petits pains. Si je craignais de ne pas réussir à vendre les 100 premiers exemplaires imprimés, j’ai rapidement dépassé toutes mes prévisions!

Pour finalement me classer parmi les best-seller romands.

De l’Aurore au Sépia

Toujours à l’écoute de mes lecteurs, j’ai accepté d’écrire une suite à Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en Lila. Et voilà ce qu’on en dit de De l’Aurore au Sépia:

Alors, comment on s’auto édite?

Je vous détaille ci-dessous les étapes importantes de l’auto édition. Qui peut s’apparenter à un véritable travail d’entrepreneur!

  • Ecrire le roman. C’est bête, hein! Mais ça reste malgré tout l’étape cruciale à l’aboutissement de votre projet.
  • Faire relire la version beta de votre roman par un ami, par de la famille ou par une relectrice (qu’il vous faudra alors payer). Suite à cette relecture, vous serez amenés à apporter quelques modifications à votre texte. Restez ouverts! Ce moment est important: il vous permettra de corriger les incohérences. Cette relecture est également le moment où devraient disparaître les fautes d’orthographe…. Et chez moi, y a du boulot! Si cette étape peut paraître facultative, je la trouve essentielle. Cette dernière vous assurer une cohérence et une qualité dans l’écriture…
  • Trouver un graphiste qui puisse réaliser vos couvertures selon vos souhaits, ainsi que la mise en page du livre. Attention, dans le cas d’un dessin ou d’une photo, assurez-vous d’avoir les droits!
  • Trouver un imprimeur et discuter le prix! Si vous habitez dans la région genevoise, je vous conseille Colorset à Carouge, avec qui j’ai travaillé pour mes deux derniers romans. Le suivi est excellent et la qualité de l’impression au rendez-vous. Excellent rapport qualité-prix!
  • Démarcher les libraires et organiser des lectures publiques. L’occasion de vous faire connaître et de partager avec vos lecteurs!
  • Contacter la presse. Cette étape peut être compliquée. Il s’agit de se vendre soit même, ce qui n’est pas toujours évident. Personnellement, je me suis demandé comment j’assurerai la promotion de mon livre si je n’en étais pas l’auteur… Ce qui m’a permis ainsi de promouvoir mon roman avec acharnement et détermination.

Le format?

Il y a tellement de formats différents. Deux petits conseils cependant: privilégiez le plaisir de la lecture et, si vous prévoyez de l’envoyer par la poste, contrôlez que le format choisi ne soit pas trop onéreux!

ISBN?

L’ISBN, c’est le petit code barre que vous avez derrière les livres. Il s’agit d’un code international qu’il vous faudra payer. Ou pas! Les grands libraires m’ayant informée qu’ils n’en tiennent pas compte et les petits libraires étant relativement indifférents face à ce dernier, j’ai décide de m’en passer pour De l’Aurore au Sépia. A vous de voir!

Et le prix!

Alors là… C’est compliqué, je l’admets.

Il s’agit de trouver un prix qui vous permette de rentrer dans vos frais et qui reflète le travail monumental que représente l’écriture et l’édition d’un livre, sans pour autant être prohibitif.

L’aventure continue

De mon côté, l’aventure continue. Au ralenti, certes, distance oblige, mais je continue de recevoir régulièrement des commandes. D’ailleurs, si vous ne les avez pas encore lu, qu’attendez-vous?

Prochain projet

Et ce fameux prochain projet vous demandez-vous peut-être? La raison pour laquelle j’ai remisé Mathlida au fin fond de mon imagination? Et bien ça avance… A grands pas! Tout ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est qu’après avoir publié une nouvelle et après avoir publié trois romans, j’espère pouvoir me lancer dans une nouvelle direction. Toujours littéraire je vous rassure! Et qui sait? Peut-être qu’il me faudra alors sortir de derrière mon ordinateur…

Stay tuned!

Faire un choix

Faire un choix

Bonjour à tous! Aujourd’hui, je vais vous annoncer une mauvaise nouvelle… J’ai dû faire un choix qui implique la mort d’un de mes personnages. Comme je vous l’ai expliqué la semaine passée, j’ai beaucoup de projets en cours. Et, aujourd’hui, il m’apparaît évident qu’il y en a un de trop! Je n’ai tout simplement pas le temps de mener de front trois projets littéraires d’envergure. Plus mon blog personnel.

Vivre avec mes personnages

Lorsque j’écris un livre, je m’attache fortement à mes personnages. Ils font partie de mon quotidien. Je pense à eux au réveil, je réfléchis à leur histoire la journée et finis par travailler mentalement mon texte quand je vais me coucher. Mes pensées sont donc «parasitées» par leur vie de papier. Petit-à-petit, deux de mes personnages ont pris une place prépondérante dans mon esprit, ne laissant plus beaucoup d’espace au troisième. Au point qu’il me devenait difficile de continuer son histoire…

Réseaux-sociaux : 0, ma vie : 1

Outre cette réalité, je dois ici vous faire un aveu. Je n’aime pas les réseaux sociaux. La pression qui découle de chaque publication est, en ce qui me concerne, contre-productive. A l’heure actuelle, les algorithmes d’Instagram ou de Facebook choisissent littéralement les publications que vous voyez, ou non. Maintenir une audience, et la faire évoluer, est un travail en soit. Passionnant, certes, mais chronophage. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il existe maintenant des community-managers.

Et il se trouve que je n’ai pas envie de passer des heures sur les réseaux-sociaux, après avoir passé des heures à écrire sur mon ordinateur. Une fois ce dernier fermé, j’ai envie de profiter de mes enfants, de mon mari et de mes amis, sans me sentir dépendante de mes résultats, de mes likes et de mes vues. La vraie vie quoi!

Bye-bye Mathilda

Vous l’aurez compris. J’ai pris la décision de tuer Mathilda, alors même qu’elle prenait son envol à Bogota. Trop de contraintes liées au réseaux sociaux, trop d’interférences de mes autres personnages. Je m’excuse donc au près de vous, chers lecteurs, d’interrompre ainsi l’histoire que vous lisiez…

Et le blog ?

Je vous rassure cependant, je vais continuer de vous donner de mes nouvelles! Je continuerai de vous faire rêver, ou pas, de la Colombie. Les aventures de Stef continuent, seules celles de Mathilda s’arrêtent.

Un mal pour un bien

Je vous garantis cependant que c’est un mal pour un bien. Les deux projets sur lesquels je travaille activement s’annoncent plutôt prometteurs. J’ai d’ailleurs fait une première lecture à mon mari, pas plus tard que samedi passé, et il a beaucoup aimé! J’ai certes encore beaucoup de travail, mais je crois en mes projets et en mes thématiques.

Et vous savez quoi ? Si tout se passe comme prévu, je devrais même pouvoir vous proposer une petite nouveauté… Mais c’est encore un secret…

Thématique ?

Allez, je vous donne un petit indice… Vous souvenez-vous de cette terrible mauvaise critique qu’une blogueuse a émise sur Lila ? La raison de son désamour était simple: je parle trop de cul…

Les personnes qui me connaissent et qui connaissent mon esprit de contradiction ne seront donc pas étonnées de savoir qu’un de mes projets littéraires a pour thématique… le cul! Rien de pornographique, rien de salace. Mais un sujet constant. Et, je l’espère, quelques tournures bien senties qui vous feront sourire.

Restez connectés donc et bonne fin de semaine à vous.

Mathilda craque pour la Chiva

Mathilda craque pour la Chiva

Mathilda fut étonnée de la quantité de produits présents dans les supermarchés. Certes, il n’y avait pas de Gruyère ni de double crème, mais elle parvint cependant facilement à trouver son bonheur. De quoi grignoter et de quoi boire quelques coups…

Au boulot!

Elle rentra donc à son appartement, motivée et prête à se plonger dans la crise vénézuélienne. Bien que sa cheffe, Monika, lui ait indiqué qu’elle pouvait commencer ses investigations le lendemain, elle était trop impatiente de comprendre les tenants et aboutissants d’une crise qui, en réalité, ne retrouvait pas beaucoup d’échos en Suisse. Les journaux en parlaient peu, ou pas… Si bien qu’elle avait certainement un grand retard à rattraper.

Pas si vite ma cocotte

La Genevoise, bien loin de s’imaginer ce qui l’attendait, rangea consciencieusement ses courses dans le frigo et se dirigea vers sa chambre. C’est à ce moment précis que sa soirée bascula, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer dans sa chambre.

  • Hey, tu fais quoi ce soir Math’?, lui demanda Chen.
  • Ben… Je vais bosser un peu pour préparer ma première journée… Pourquoi?
  • Moi je sors. Avec quelques potes du boulot. Tu veux venir?
  • Non… C’est gentil, mais je dois vraiment bosser…
  • Tu sais, une expatriation réussie repose principalement sur la capacité dudit expat à se faire des amis. Je dis ça, je dis rien…

Mathilda réfléchit quelques secondes…

En piste!

  • Ok… J’accèpte de sortir un moment. Mais pas trop longtemps, ok?
  • Ca roule. Prends ta veste, on y va.
  • On va où?
  • Boire et verre, puis Chiva, ma cocotte.
  • Chiva?

Mais la question de Mathilda resta sans réponse.

Le bar du coin

Chen eut la gentillesse et la prévenance de présenter Mathilda à tous ses amis. Des amis qui avaient, pour la plupart, le même petit grain de folie que sa colocataire. Elle ne doutait pas qu’elle allait passer une bonne soirée ! Mais non, se dit-elle, reste concentrée. Je bois deux verres et je rentre.

Ils avaient jeté leur dévolu sur un petit bar du coin, repaire de tous les Colombiens du quartier. La bière y était bonne et bon marché et la musique Salsa résonnait dans toute la rue. De quoi réjouir Mathilda et ses velléités de découverte!

Un dernier verre…

  • Allez, c’est l’heure d’y aller, indiqua Chen à la Suissesse.
  • Allez où?
  • Faire la Chiva!
  • Mais c’est quoi une Chiva?
  • C’est ça, une Chiva, lui dit-elle en lui indiquant un bus ultra coloré, parqué à quelques dizaines de mètre.
  • Un bus?
  • Oui, un bar-bus si tu veux. Allez viens, on boit un verre, on danse et tu rentres, ok?

Mathilda sembla hésiter une nouvelle fois.

Elle était terriblement intriguée par la Chiva… Mais n’était pas sûre que ce soit une bonne idée de se laisser tenter… Oh, et puis flûte ! se dit-elle alors qu’elle suivit Chen!

Sondage

Mathilda suit donc son amie dans le bus...
  • elle adore la Chiva et passe un bon moment... 75%, 3 votes
    3 votes 75%
    3 votes - 75% de tous les votes
  • Elle déteste ça et n’a qu’une envie, descendre! 25%, 1 vote
    1 vote 25%
    1 vote - 25% de tous les votes
Nombre de votes: 4
mai 21, 2019 - mai 24, 2019
Vote clos

Stephanie Vidonne Emoji Ca bosse vraiment dur ici!

A la différence de Mathilda qui n’a pas encore commencé à travailler, Cédric bosse dur. Comme vous pouvez l’imaginer, si vous avez lu mon billet relatif à la crise vénézuélienne, les besoins en termes d’aide humanitaire sont importants. Nous ne comptons plus le nombre de fois où il s’est rendu à la frontière avec le Venezuela pour rencontrer les réfugiés. Un travail compliqué dans un pays qui n’a pas l’habitude d’accueillir des migrants. Il n’y a pas si longtemps, c’était les Colombiens qui fuyaient leur pays… 

Ces photos ont été prises à Cucuta, par Cédric, lors de son dernier voyage dans cette ville. Vous y découvrez les migrants qui s’apprêtent à passer la frontière…

Et moi, j’écris!

Hormis ce blog, auquel je dois vous l’avouer, je ne consacre pas la plus grande partie de mon temps, je me suis lancée dans plusieurs projets littéraires.

  • Une photographe m’a demandé de participer à un projet de texte accompagnant une photo. J’espère prochainement pouvoir partager avec vous ce travail.
  • J’écris un recueil de textes sur un sujet qui me tient à coeur. Je ne vous en dis pas plus mais… J’ai bientôt fini!
  • J’écris un nouveau roman.

Beaucoup de temps passé derrière mon ordinateur mais un plaisir incroyable. Je croise les doigts pour que tous ces projets plaisent!

A très vite! Y un abrazo.

La crise vénézuélienne

La crise vénézuélienne

Aujourd’hui, je devrais vous parler de Mathilda. Mais je ne vais pas le faire, car il me tient à cœur d’aborder la crise vénézuélienne. Une catastrophe humanitaire dont nous sommes les impuissants témoins.

Combien de familles voyons-nous dans la rue, mendiant pour quelques pièces? Combien de jeunes hommes cherchent à gagner quelques sous à envoyer à leurs proches, restés au pays? Combien de femmes tombent dans les milieux de la prostitution… Nous les regardons, attristés, nous essayons de les aider… Mais… Ils sont 300’000, rien qu’à Bogota…

Sur cette photo, que j’ai prise à Santa Marta, vous découvrez des portes-monnaies, des sacs et autres objets fabriqués à l’aide de billets de banque vénézuéliens…

La monnaie locale ne valant plus rien… Absolument plus rien…

Retour sur une catastrophe annoncée…

J’ai souvent mentionné la crise vénézuélienne dans mes blog posts, sans véritablement prendre le temps de vous détailler ce qui se passe par ici et l’ampleur de la catastrophe humanitaire que vit ce peuple. Afin de vous permettre de comprendre les raisons de notre expatriation, laissez-moi revenir sur un désastre politique et humain.

Je vous parlerai des conséquences néfastes sur la Colombie dans un prochain billet…

Les noms clefs

La figure emblématique de la crise vénézuélienne, celui par qui tout a commencé est Nicolàs Maduro. Actuel président du Venezuela, et successeur de Hugo Chavez, éminemment proche du régime castriste.

Figure de la contestation, Juan Guaido est le chef du Parlement qui s’est auto-proclamé chef de l’Etat par intérim. Ce dernier est reconnu par de nombreux chefs d’état étrangers.

La crise d’un point de vue politique

Evidemment, il est difficile de résumer une crise qui dure depuis déjà de nombreuses années. Mais voilà ce que je peux vous dire. D’un côté, nous avons Maduro, l’armée et le Tribunal Suprême de Justice. De l’autre le peuple et le Parlement (dont Juan Guiado) qui essaient de destituer le président.

Rapidement, le Venezuela est au bord de l’effondrement alors que de nombreuses manifestations sont organisées. Des manifestations rapidement réprimées dans le sang…

Face à la corruption, l’opposition refuse de participer aux dernières élections présidentielles. Si bien que Maduro est réélu à la tête du pays en mai 2018. En janvier 2019, Juan Guiado s’auto-proclame président par intérim et est rapidement reconnu par de nombreux dirigeants étrangers. Le pays est divisé en deux clans, irréconciliables.

Deux blocs s’affrontent alors:

(Source: france culture)

La crise d’un point de vue économique

Une hyperinflation croissante mine le pays. «Selon le Fonds Monétaire International (FMI), elle a atteint 1.350.000% en 2018. (…) Fin juin, un professeur d’université faisait sensation sur Twitter en racontant qu’il lui fallait quatre mois de salaire pour réparer les semelles de ses vieilles chaussures.» (Le figaro)

En 2019, le FMI table sur une hyperinflation de 10’000’000%…

Le peuple vénézuélien est donc dans l’incapacité d’acheter les produits de première nécessité, quand ils ne sont tout simplement plus disponibles dans le pays. Les médicaments et les aliments se font de plus en plus rares. Au point que certaines maladies « oubliées » réapparaissent.

La crise d’un point de vue humanitaire

Alors que le peuple vénézuélien est exsangue et que les magasins sont vides, Maduro décide de fermer les frontières, rendant tout ravitaillement à l’étranger, et notamment en Colombie, difficile.

En outre, il refuse catégoriquement l’entrée sur son territoire de convois humanitaires, apportant vivres et médicaments pour les plus vulnérables.

Le problème du pétrole

Le Venezuela a la plus grande réserve de pétrole au monde. 90 % de son économie dépend de l’or noir. Malheureusement, les infrastructures permettant de l’extraire sont vieillissantes. Conséquence : le Venezuela doit faire raffiner son pétrole aux Etats-Unis. Depuis 2014, les prix du pétrole vénézuélien chutent.

L’exode

Aujourd’hui, plus de 3 millions de vénézuéliens vivent à l’étranger selon l’ONU, dont 1.2 millions en Colombie.

Vous l’aurez donc compris… La crise vénézuélienne, dont la presse européenne ne semble pas beaucoup se faire l’écho, est un véritable désastre humanitaire qui affecte des millions de personnes. Pour ne pas dire toute l’Amérique latine… Et malheureusement, aujourd’hui, aucun dénouement heureux ne semble se profiler, le spectre de la guerre planant sur la région.

Emplettes time pour Mathilda

Emplettes time pour Mathilda

Mathilda discuta encore quelques minutes avec Chen avant de filer dans sa chambre. Quelle agréable surprise fut la sienne lorsqu’elle constata que sa valise l’y attendait! Elle se pencha en arrière et lança à sa nouvelle amie:

  • Merci pour ma valise!
  • J’y suis pour rien… Je viens d’arriver…
  • Ah? Alors ça doit être Ricardo.

Se sentir fraîche

La voyageuse put enfin se doucher et se changer! Un bonheur à peine terni par une douche presque froide. A croire que même le gaz ne parvenait pas à tiédir l’eau glacée de Bogota… Elle revêtit donc plusieurs couches, désireuse de se réchauffer et prit la décision de s’occuper du taudis qui lui tenait lieu de chambre.

La Genevoise rangea ses affaires correctement, épingla au mur les quelques photos qu’elle avait prises avec elle et rajouta une grosse couverture sur son lit. Si je veux me sentir bien dans cette ville, il faut déjà que je me sente bien dans ma chambre, se dit-elle.

Emplettes time

Quand Mathilda fut enfin satisfaite du résultat, elle sortit de sa chambre. La prochaine étape était de partir faire des courses afin de remplir l’étage du frigo qui lui était dévolu. De quoi manger ce soir, boire une bière de temps en temps et déjeuner le matin. Elle s’enquit donc du supermarché le plus proche.

  • Y a un Carulla à 400 mètres, mais c’est assez cher. Y a aussi un Olimpica de l’autre côté du parc. Sinon, tu as Rappi.
  • Rappi?

Rappi baby

  • Tu connais pas?
  • Non…
  • Rappi, c’est un entreprise de livraison à vélo… Qui livre à peu près tout.
  • Tout?
  • Yes, tes courses, ta bouffe, ton café du matin, des fleurs à ta mère, pour autant qu’elle habite en Colombie… Tu peux même leur demander d’aller chercher ton linge au pressing je crois! Tu peux tout leur demander.
  • La classe! Mais tu sais quoi, je crois que pour cette fois, je vais me rendre en personne dans les magasins afin de découvrir les produits qui me manqueront, expliqua Mathilda taquine.

Il est vraiment bizarre

Mathilda se prépara donc à sortir faire ses premières courses en Colombie. Elle enfila ses chaussures et sa veste et s’apprêtait à partir lorsqu’elle entendit derrière elle une voix gutturale, sombre. Presque sans intonation.

  • Tiene tu maleta.
  • Ah, si gracias. Muchas gracias, répondit-elle en se retournant.
  • De nada.

James resta droit à la fixer. Sons visage ne laissait filtrer aucune émotion. Il était vraiment flippant.

  • Bueno, tengo que irme, expliqua alors la Suissesse.

Elle se tourna, sentant un regard pesant écraser ses épaules, ouvrit la porte et fila rappidement à l’extérieur. Mathilda n’était pas particulièrement à l’aise de savoir cet homme partager son logement… Mais elle n’avait pas le choix.

Découverte des supermarchés

L’heure était donc venue de découvrir les supermarchés colombiens! Elle se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir y trouver, quelles étaient les habitudes de habitants de la région, quels produits étaient absents des étals.

Sondage

Mathilda a prévu de faire ses courses, de rentrer et de commencer à travailler sur la crise vénézuélienne.
  • Va-t-elle se laisser distraire? 100%, 3 votes
    3 votes 100%
    3 votes - 100% de tous les votes
  • Va-t-elle tenir son programme? 0%, 0 votes
    0 votes
    0 votes - 0% de tous les votes
Nombre de votes: 3
mai 14, 2019 - mai 19, 2019
Vote clos

Stephanie Vidonne Emoji De ces petites choses qui manquent

Découvrir l’assortiment des supermarchés des villes qui nous accueillent est toujours un grand moment. Nous avons tous des habitudes alimentaires qui dépendent directement de ce que les magasins mettent à notre disposition (ou de ce que les publicistes nous persuadent être essentiels, mais ceci est un autre débat). Nos repères sont totalement chamboulés alors qu’on ne connait aucune marque et que les produits dont nous avons l’habitude sont absents des étals. Oh, vénérable Gruyère, que tu nous manques!

Et que dire quand à la place des chips de l’apéro, on retrouve des paquets de chicharron! Hérésie!

On s’en sort finalement

Je dois pourtant avouer que les assortiments dans les supermarchés de Bogota sont intéressants et offrent une grande diversité de produits… Tant que vous n’êtes pas écolo! Plastique à gogo et produits de ménage ultra nocifs. L’enfer sur Terre pour moi qui essayait initialement de limiter un maximum mes déchets et de ne choisir que des produits labellisés WWF. Quand je ne faisais tout simplement pas moi-même mes produits ménager…

En vrac

Et pourtant, aussi peu enclins à se soucier de l’environnement que semblent les Colombiens, sachez que j’ai trouvé sans le moindre problème des magasins de graines, légumineuses ou fruits secs en vrac (Granel en est un)! Sans parler des petites tienda éco-friendly qui poussent à gauche à droite dans tous les quartiers de la ville.

Ou du moins, dans tous les quartiers que je peux fréquenter en tant que blanche. Je reviendrai sur ce sujet car oui, il y a de nombreux quartiers que nous ne traversons qu’en voiture, fenêtres et portes verrouillées… La Colombie reste la Colombie…

La pouilleuse du coin

Je ne résiste pas pourtant à vous avouer que je franchis, à pied, la frontière invisible qui sépare notre sympathique quartier d’un barrio moins clinquant (sans qu’il ne soit pour autant le repère de gangs…). Tout ça pour aller dans un supermarché plus grand que celui qui est à côté de chez nous. Ne vous en faites pourtant pas pour moi. J’ai un côté éminemment flemme et ne fais jamais, jamais, JAMAIS l’effort de m’apprêter pour aller faire mes courses. Cheveux en pétard, pas maquillée, vêtue d’un training à moitié troué et des baskets de mon mari (juste assez grandes pour que je puisse les enfiler sans me baisser, juste assez petites pour ne pas trébucher. Je vous l’ai dit: je suis flemme), je me fonds donc totalement dans le paysage. J’ai l’air d’une pouilleuse totale et je doute franchement qu’on veuille me chercher des noises. Peut-être même qu’un jour, on viendra me donner une pièce, qui sait?